Locminé d’Antan

Locminé tire son nom de Loch Menech, lieu des moines


Certains historiens affirment que « vers le VIIème siècle les disciples de Saint Gildas de Rhuys créent à l’extrémité méridionale de la paroisse, l’Abbaye Saint Sauveur de Moriac ou Moréac ».
En 919, l’Abbé Taneth et ses moines s’enfuirent éperdus devant les féroces normands, qui brûlèrent leur couvent.
En 1008, Félix, moine de Fleury releva les ruines de Saint Gildas de Rhuys, mais conserva Locminé comme un prieuré dépendant de sa maison.
De nombreuses habitations se groupèrent bientôt autour du couvent et formèrent un bourg dont le prieur devint naturellement le chef spirituel et le seigneur temporel.
Le moyen-âge à Locminé


Le Monastère de Locminé


Il semble que c'est Louis Le Débonnaire, venu en Bretagne, qui introduit la règle de Saint Benoît à Locminé en l'an 819. Quelques décennies plus tard, les Normands ravagent les territoires qui deviendront la France. Et Dom Lobineau situe en 877 le moment où ils entrent en Bretagne sans que personne ne les en empêche. Cette nation féroce n'avait pas encore exercé de si grande cruauté, ni était allé aussi loin dans le pays que cette fois. Ils dévastèrent tout par le fer et par le feu depuis la Loire jusqu'à la rivière du Blavet. Les religieux de Rhuys et de Loc-Miné dans le diocèse de Vannes se retirèrent dans le Berry, battirent un monastère à Déols, monastère consacré en 920.
La Borderie donne une date différente. Il parle de l'été 888 et précise que "les moines de Loc-Menech, emportant avec eux leurs vases et leurs ornements sacrés, leurs chroniques, légendes, livres liturgiques, et surtout leur plus précieux trésor, les reliques de leurs saints."
Le chanoine Le Mené place l'événement en 919. Cayit-Delandre confirme les faits, mais d'après lui ils se produisent "vers la fin du siècle", sans plus de précision.Quant au Chanoine Danigo, il écrit à propos des invasions normandes dans la région : "vers 920, le péril se fit plus pressant. Les moines de Locminé, avec à leur tête, l'Abbé Taneth, se joignirent à ceux de Rhuys et s'en furent chercher asile au cœur du Berry, là où s'élève actuellement la ville de Châteauroux. Le seigneur des lieux, nommé Ebbon, leur accorda une île de l'Indre et ils édifièrent un monastère sous le double nom de Saint Gildas et "Saint Sauveur."
Ruinée la maison de Locminé demeure alors déserte pendant un siècle environ.

 

Le Prieuré Saint Sauveur


En 1008, Geoffroi 1er, duc de Bretagne, demande à Gauzlin, abbé de Fleury en Saint-Benoît-Sur-Loire, quelques moines pour travailler à relever les abbayes de Saint Gildas de Rhuys et de Locminé.
Gauzlin envoie d'abord Félix, qui s'installe à Saint Gildas de Rhuys, Mais dirige cependant la restauration de Locminé. La Borderie a expliqué ce qui se passe alors : "Que pouvait-il rester des deux monastères ? Quand on se rappelle que presque toutes les constructions du IXème siècle étaient de bois : il est aisé de répondre : rien. Les églises seules, à Ruis et à Loc-Menech, avaient jadis été faites de pierres, et l'on en trouva quelques restes. Quels restes ! Quelques pans de murs, le sol encombré de ronces, de gros arbres qui bouchaient les portes et abritaient les bêtes fauves, seuls hôtes de ces ruines. La première condition nécessaire pour appeler là des moines, ce seraient de pouvoir les loger; mais les ressources sont petites, le résultat de l'appel incertain; on se borne donc à bâtir d'abord, comme les moines du VIème siècle, de petites logettes pour les futurs habitants de la future communauté. Cependant ces loges se remplissent, et quoique le nombre de collaborateurs soit encore bien faible en vue de la grandeur de l'œuvre, Félix l'entame vaillamment.

 

Locminé avant la Révolution


Un des actes le plus ancien où Locminé est citée nommément en tant que localité propre, date de mai 1272, il concerne l'achat par le vicomte Alain VI de Rohan à Alain de Quenhouët " de 13 livres 10 sols de rentes à Lomené".
Au siècle suivant, Jean de Locminé assure l'intérim du siège épiscopal de Vannes, de 1359 à novembre 1361, entre les évêques Gauthier de Saint père et Geoffroi de Rohan. Quelques dizaines d'années plus tard la paroisse de Moustoir'Ac devient dépendance de Locminé – alors dénommée "Lomenec" ou "Locus-Monachorum". A ce moment une butte féodale existe au lieu-dit Quistinic. Ses quatre tourelles, reliées entre elles par des courtines et entourées de douves profondes ne seront détruites qu'au début du XIXème siècle.
Les documents de cette époque sont rares, concernant Locminé. Il en existe cependant quelques-uns, qui nous éclairent, faiblement, sur ce qui s'y passe :
• En 1518, un grand événement se passe à Locminé. Le roi François 1er visite le duché de Bretagne. Le 16 août il est à Nantes, le 1er septembre à Vannes. Il passe par Auray, qu'il quitte le lundi 13 pour se diriger vers Pontivy. Le roi se déplace à cheval et les chroniqueurs de l'époque – qui ont retracé son itinéraire – sont formels : François 1er et sa suite font étape à Locminé le lundi 13 septembre au soir.
• En 1560, il existe un moulin à tan, situé à Kerpiège, et qui appartient au prieur de Locminé, ce qui confirme que dès cette époque, des tanneries et des ateliers travaillant le cuir, fonctionnent près du Tarun.
• Bignan est alors le siège principal de la justice dans la région (Manoir de Tréhardet), mais celle-ci s'exerce aussi parfois, dès la première moitié du XVIIème siècle, à Locminé, où se trouvent les prisons. Les piloris et les carcans s'élèvent à Moustoir'Ac.
• D'octobre 1633 à janvier 1634, la peste sévit à Locminé et "la contagion déloge la plupart des habitants. Ceux qui ne trouvent pas où se retirer aux champs rendent bossu le cimetière de quelques 250 corps. Ce qui a fourni surcroît de frayeur a été le feu qui, le jour de la Nativité de Notre-Dame, a brûlé 44 maisons devers la rivière, vers la Vraie-Croix". Le mal fera succomber un sixième de la population en quelques mois.
• La majorité des habitants de la paroisse sont alors des paysans cultivateurs et des petits artisans : bouchers (20 à la fin du XVIIème siècle), cordonniers (30 en 1703), tisserands ou tessiers, tanneurs (22 en 1703), cloutiers.
• En 1703, Locminé compte six auberges : celle du Lion d'Or a pour hôte Jean Pépion, celle du cheval blanc est à Etienne Rallier; celle du Chapeau Rouge à Barnabé Le Jeune. Les noms des tenanciers des auberges de la Croix Verte, du Croissant et de la Croix Rouge ne sont pas parvenus jusqu'à nous.

Le prieuré


Après sa restauration par Félix au début du XIème siècle le prieuré de Locminé mène une existence paisible. De nombreuses habitations se groupent bientôt autour de lui et forment un bourg, dont le prieur devient naturellement le chef spirituel, mais aussi le seigneur temporel. Il reconnaît le vicomte de Rohan comme son suzerain et il lui rend aveu aux plaids généraux de la barre de Pontivy " à congé de personne". Le prieur bénéficie dès lors des droits de basse, moyenne et haute justice. Il gère également la prison. Le prieuré possède plusieurs maisons, une halle, un four banal et un moulin à eau et un autre à vent, rue Moque-Souris et à Kerpièche. La dîme est alors en partie ecclésiastique et en partie féodale. Les religieux assurent bien entendu le service pastoral aux habitants du lieu et le "Loc-Menech" forme bientôt une paroisse autonome, séparée de celle de Moréac, et formant un territoire beaucoup plus petit que ceux des paroisses environnantes.
Si on ignore l'époque exacte à laquelle les moines ont quitté le prieuré, on sait cependant qu'en 1639, la maison prieurale, contiguë à l'église est toujours debout et qu'un aveu mentionne "un vieux cloître en ruine".
En 1701, les bâtiments du prieuré n'existent plus. On en voit seulement l'emplacement au sud de l'église, avec la porte d'entrée encore debout.
La paroisse
La paroisse de Locminé naît à une date inconnue, et ses recteurs (d'abord nommés vicaires perpétuels) succédèrent aux prieurs auprès des habitants au cours du XVème siècle. Le prieur leur cède alors une partie de ses revenus pour leur tenir lieu de portion congrue. Les recteurs sont présentés par l'Abbé de Saint Gildas de Rhuys. La paroisse dépend alors du doyenné de Porhoët.
Au XVème siècle environ, la paroisse étant trop petite pour y faire vivre normalement le clergé local, les évêques de Vannes jugent à propos d'unir à Locminé la paroisse de Moustoir-Radenac ou Moustoir-Ac. Le recteur se fixe naturellement à Locminé, comme dans le lieu le plus important au point de vue population, et charge un curé, choisit et rétribué par lui, de résider à Moustoir-Ac pour y faire les baptêmes, les mariages et les sépultures, comme dans le passé. A Locminé, le recteur est assisté d'un vicaire.
Cette situation secondaire fit considérer le Moustoir-Radenac ou le Moustoir-Locminé comme une simple trêve, mais bien à tort, car c'était une véritable paroisse, simplement unie à une autre. Il y aura d'ailleurs toujours deux églises et deux presbytères.
D'autre part, en plus du recteur et de son vicaire, il existe à Locminé "une communauté de prêtre" qui compte 5 à 6 membres. A Locminé, l'église fut donc placée sous le vocable de Saint Sauveur auquel même on attribua le titre de patron de la localité.
Les écoles
Vraisemblablement les moines du prieuré instruisirent, dans des temps lointains, avant le XVème siècle, quelques jeunes gens, ne serait-ce que pour assurer leur recrutement. Par la suite on ignore tout de ce qui peut concerner un enseignement quelconque jusqu'au XVIIème siècle. A cette époque plusieurs régents propagent leur savoir à Locminé, mais uniquement à une classe riche, délaissant la grande masse du peuple. Quelques noms sont parvenus jusqu'à nous de ces enseignants, qui prodiguent essentiellement la lecture et l'écriture, le latin et le calcul. Ce sont Maître Vincent Laurent (1612-1678) qui enseigne durant 25 ans tout en assumant les fonctions de chantre de l'église, de notaire apostolique et de protonotaire de la juridiction ducale de Rohan à Locminé – et son successeur, Yves Le Masson, Procureur à Locminé en 1719.
Mgr de Bertin, évêque de Vannes, envisage en 1758, de créer deux écoles, à Locminé, pour les filles et les garçons. Pour ce faire, il acquiert le 22 septembre une propriété occupant l'ancienne maison prieurale et ses dépendances, et y construit en 1760, une école. Le premier instituteur des garçons est Pierre Le Boucher qui deviendra Recteur de Locminé en 1763. Il sera remplacé par Mathurin Robin, puis par Louis Richard. Tous dirigent alors ce qu'on appelle pompeusement "le collège".
Pour les filles, il faut patienter un peu, car il faut trouver des enseignants. L'évêque songe aux sœurs de la Sagesse. Il écrit également au général de la paroisse "pour avoir acquiescement ou refus à ce que les filles de la Sagesse, propre à éduquer la jeunesse et traiter les pauvres et les malades fussent venues à Locminé occuper la maison que le dit Seigneur évêque à fait édifier à dessein." L'évêque transmet cette missive à la maison-mère des sœurs, qui ne tarde pas à envoyer trois religieuses. Locminé possède ainsi deux écoles dès 1765, longtemps avant les paroisses de même importance de la région.


Locminé sous La Révolution


Les causes
A partir de 1775, un mécontentement général grandit dans toute la France, provoqué par les difficultés de la vie et les inégalités sociales. Les conditions de vie du monde rural sont particulièrement pénibles : les outils manquent, le grain pour semer est rare, les logements sont mal équipés. Dans les petites agglomérations comme Locminé, les journaliers qui constituent la majorité de la population vivent dans des conditions plus que précaires. Et bientôt la prière ne suffit plus. Les mendiants eux-mêmes très nombreux songent à se rebeller.

Les Etats Généraux et les Doléances
Le 8 août 1788, Louis XVI se résigne à convoquer les états généraux pour le 1er mai 1789. Les paysans de la région de Locminé suivent alors les bourgeois de Bretagne dans leur lutte contre la noblesse. Locminé n'est pourtant pas, à l'époque, une paroisse " très avancée" et ses habitants n'ont rien de révolutionnaires. Elle a pourtant subi l'influence du grand mouvement démocratique "qui fait de la Bretagne la première et la plus opiniâtre de toutes les provinces de France à réclamer l'égalité sociale et les libertés politiques".
Le dimanche 29 mars 1789, le procureur du roi de la sénéchaussée de Ploërmel invite les locminois à "convoquer au son de la cloche, en la manière accoutumée, l'assemblée des habitants pour, par les dits habitants et communauté, tenir leur assemblée, dresser leur cahier de doléances, plaintes et remontrances et nommer leurs députés."
La création de la municipalité
Par décret du 22 décembre 1789, la Constituante crée les départements. Cette décision est effective le 15 janvier 1790. Le décret supprime de toute carte et de tout document officiel le nom de "Bretagne". Le Morbihan est le seul des départements bretons à porter un nom breton. 86 départements sont ainsi créés, dirigés par un préfet et par un conseil général élu. Chaque département est divisé en districts. Pontivy est le siège de l'un d'eux, qui englobe 7 cantons et 49 communes. La paroisse de Locminé est bien entendue érigée en une commune comptant 1666 habitants, et devient chef-lieu d'un canton du district de Pontivy. Ce canton englobe Moustoir-Radenac (1450 habitants), Naizin (1861 habitants), Moréac (2200 habitants) et Plumelin (2119 habitants).
Le 5 février 1790, il existe à Locminé un "Comité permanent", composé de 7 membres et présidé par Pépion. C'est alors Jean-Pierre Acquary qui est maire de Locminé.
Le 19 mars, la municipalité renouvelle sa demande d'obtenir "une juridiction royale". Soutenus par Saint-Jean-Brévelay, Réguiny, Plumelin, Saint-Allouestre et Bignan, les officiers municipaux de Locminé écrivent à l'assemblée nationale, mais la loi du 24 août 1790, ne leur donnera pas satisfaction.
La chouannerie
Le soulèvement de Pluméliau et l'attaque de Pontivy – les 14 et 15 mars 1793 – constituent, de fait, le début de la chouannerie dans la contrée. Les habitants privés de la liberté de leur culte et vexés par les républicains, fournissent de nombreux volontaires à la cause royaliste. Cette véritable guerre civile, où s'opposent donc les partisans du roi et ceux de la république, va continuer à troubler les campagnes environnantes qui verront souvent des affrontements sanglants entre les "blancs" et les "bleus". Les cantons morbihannais, de Locminé à Josselin, de Pluméliau à Vannes, de Bignan à Auray, vont fournir à eux seuls autant de combattants que le reste de la Bretagne. Au total la Bretagne aura cent mille hommes sous les armes pendant cette chouannerie que Napoléon nommera "la guerre des géants".
Le recrutement des soldats réclamés par la Convention (300 000 pour la France, 403 pour le district de Pontivy) se déroule pourtant assez calmement à Locminé malgré la nécessité d'une intervention de la gendarmerie contre les jeunes gens de Moustoir-Radenac qui refusent de se présenter à Locminé.
L'équipement de l'armée demeure primordial. L'objet des chaussures est le plus important. "Aux défenseurs de la liberté il faut avant tout des souliers" écrit l'administration départementale. Du fait de l'importance de Locminé dans cette industrie, tous ces cordonniers sont "en réquisition par ordre du directeur de Pontivy" le 13 octobre 1793. Ils ne travaillent désormais que pour la république.
A partir de février 1794, la persécution religieuse s'intensifie. Les églises et chapelles sont mises à sac. Toute l'argenterie de l'église Saint-Sauveur est saisie. On descelle et brise des objets de fer et de cuivre et les cloches sont expédiées à la fonderie de la Monnaie à Nantes. On ne laisse que la grosse cloche pesant 1718 livres et une autre plus petite. Puis la municipalité prise de zèle patriotique, décide de les sacrifier pour en faire des canons.
D'un autre côté la chouannerie s'organise, se structure : Moustoir-Ac fournit une compagnie de volontaires, dirigée par Louis Jéso, qui cerne Locminé le 10 mars 1794.
Le 9 novembre 1799, une nouvelle sensationnelle arrive à Locminé : le directoire national a "démissionné" ou plutôt a été démissionné", par le général Bonaparte. Ce coup d'état va mettre un coup d'arrêt à la guerre civile. La France va être dirigée par trois consuls et, dès le 24 décembre, Bonaparte se fait reconnaître premier consul. Et le 28 décembre, Bonaparte lance une proclamation qui promet une amnistie générale et le rétablissement du culte catholique.
Cependant une sorte d'arrière chouannage se poursuit pendant quelques années, mais peu important en comparaison de ce qui s'est passé il y a 6 ans. En effet en Bretagne, Cadoudal cherche bientôt à ranimer une fois encore le mouvement insurrectionnel, mais ne réussit qu'à grouper un assez petit nombre de partisans. Les campagnes sont bien trop lasses des combats.
Au printemps 1800, lorsque Bernadotte est nommé commandant en chef de l'armée de l'ouest, celle-ci est réduite (à la suite d'un calme relatif) de 47 000 à 18 000 hommes. Son but est maintenu de faire disparaître les derniers chouans. Son quartier général est installé à Rennes, mais à l'automne, devant une recrudescence de l'activité chouanne, l'effectif est à nouveau porté à 30 000 hommes.
Cadoudal et Guillemot, à la tête de leurs bandes, sévissent toujours dans la région. Bernadotte se rapproche et transporte son quartier général provisoire au château de Pontivy du 12 mai au 17 juin 1801. Le Concordat, signé par Bonaparte le 15 juillet 1801, rétablit la paix religieuse en France et ramène une quasi-pacification dans l'Ouest. Aucun chouan n'ayant été pris depuis le début de l'année 1802, l'armée de l'ouest est dissoute par Bonaparte le 13 avril pour compter du 21 mai, et l'état de siège est alors levé dans le Morbihan.
La pacification sera totale après les captures et les exécutions de Georges Cadoudal (Paris 9 mars et 24 juin 1804) et de Pierre Guillemot (Plaudren 16 décembre 1804 et Vannes 5 janvier 1805).
La révolution et la chouannerie ont définitivement vécu…


Traditions et culture


Le petit train

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Le rail a joué un rôle très important à Locminé pendant 45 ans, de 1902 à 1947.
Déjà sous le Second Empire, Locminé rêve d'un chemin de fer lorsque la ligne Auray-Napoléonville est à l'étude. Mais lorsque cette ligne est inaugurée, en décembre 1864, elle évite Locminé et passe par Baud.
Après de multiples projets, le 14 juillet 1901, à Locminé, on procède à l'inauguration de la gare, en présence du préfet du Morbihan. Mais la ligne de Locminé à Ploermël n'est ouverte que le lundi 1er septembre 1902. Trois trains quotidiens partent de Locminé pour aller à Ploermël, après un trajet de 2 heures 05. Puis le 12 octobre 1902, c'est l'ouverture de Locminé-Vannes avec trois trains dans chaque sens, qui effectuent le trajet en 1 heure 30. En 1902, la Compagnie des Chemins de Fer d'Intérêt Local du Morbihan (C.M) transporte près de 55 000 voyageurs. Locminé est le centre le plus important du Morbihan. Une centaine de personnes y travaillent à l'entretien du matériel et à son exploitation.

A partir de mai 1905, Locminé est relié à Pontivy, puis à partir d'octobre 1905, à Cléguérec, Guémené et Meslan via Pontivy.

Pour lutter contre les services de cars exploités vers Vannes, Pontivy et Auray à partir de 1923 et 1924, le C.M met en services des "automotrices" (plus rapide que le train) sur son réseau en 1931. Un service postal par automotrice est également créé vers Vannes en 1932.

Après un grave accident survenu au mois de septembre 1938, à Radenac, le conseil régional décide la suppression "du petit train". Malgré les protestations du conseil municipal, les autorails sont remplacés par des cars du C.M en 1939. Mais la guerre apporte un sursis au train. Utilisé par les voyageurs, le train sert aussi aux Allemands pour la construction du mur de l'Atlantique.

Mais à la fin de la guerre, l'arrêt définitif approche.

Le dernier "petit train" part de Locminé le mardi 8 juillet 1947. A l'été 1948, les rails ont disparu.

 

Les vieux métiers


Sabotiers

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La fabrication de sabots est très ancienne à Locminé ; dans les années 1950, il y avait encore 6 sabotiers. La plupart l'étant de père en fils. Le sabot était, de bout en bout, l'œuvre du même artisan, qui avait choisi son arbre (en général un hêtre) en forêt, et qui personnalisait chaque pièce selon les goûts et besoins de son client.

Le sabot des enfants était complété par une bande de cuir qui soutenait la cheville et se laçait sur le cou-de-pied ; les petits pieds étaient protégés du froid par des chaussons de laine.
Les sabots avec une bande de cuir en bride s'appelaient des "claques" ou des "hirondelles" en raison de leur légèreté et de leur bout pointu.
Les sabots locminois avaient une pointe un peu relevée, et finement décorée d'un léger motif sculpté ; ils étaient renommés pour leur élégance.

 

La fabrication des sabots a cessé avec l'apparition des bottes en caoutchouc après 1950.


Les Cloutiers


La maillette était une variété de clous à souliers, à tête octogonale, qui avait été inventée par un maitre-ouvrier locminois, et dont la notoriété s’était vite répandue dans la contrée et bien au-delà.
Placées sous les souliers, les maillettes rendaient, parat-il, les semelles inusables.
Il convient de signaler qu’au siècle dernier, étaient exploitées, au lieu-dit « La Pompe » des mines de fer à ciel ouvert. Le minerai servait notamment à la fabrication de ces fameuses maillettes.

« Sont sont sont les gars de Locminé, qui ont de la maillette sans dessus dessous … » popularisée par la chanson, la maillette est devenue l’emblème de Locminé.


Cette chanson rappelle aussi que Locminé produisait du cuir. Avec ce cuir, les artisans locminois faisaient de solides et magnifiques brodequins. Il s’agissait de travail à la main que rien ne remplace.
Si les souliers de Locminé étaient recherchés, leur vogue était due, non seulement à l’adresse des cordonniers et à la qualité du cuir, mais aussi aux bonnes maillettes dont ils étaient ferrés.

Les maillettes étaient fabriquées sur place, par une demi-douzaine de cloutiers.

 

Fileuses, tisserands, cordiers, tailleurs

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Le tissage du lin aurait été introduit en Bretagne par la duchesse Anne et ce fut une activité florissante à Locminé comme ailleurs ; en témoigne la rue du Fil et les nombreux "Texier" (pour Tisserand) dans les noms de famille de la région.
Mais jusqu'au XVIème siècle, en plus du tisserand de métier, il y eut dans chaque maison des femmes qui filaient au fuseau et au rouet, et qui tissaient ce fil sur des métiers à tisser rudimentaires ; le tissu grossier ainsi fabriqué était lui-même taillé et cousu à demeure par les habitants. La toile de laine obtenue dans la région des "moutons blancs" de Pontivy et de Locminé était inusable et si imperméable qu'aucune pluie ne la traversait. Au XVIIème siècle, beaucoup de tisserands et de cordiers, travailleurs à domicile, façonnaient les toiles et les cordes nécessaires à la Marine. Cela se faisait aussi dans les bourgs environnants, et il en reste, à Remungol par exemple, l'architecture traditionnelle des maisons de Sainte Anne du Bâtiment (les bâtiments étant les bateaux de la Compagnie des Indes de Lorient).

Plus tard apparut le métier de tailleur : il allait travailler de maison en maison, de ferme en ferme, à la demande. Logé sur place, il était au courant de tous les potins, voire de tous les drames du pays... d'autant plus qu'il servait aussi d'intermédiaire (baz valan) pour les mariages. Aussi était-il à la fois attendu pour ses compétences et pour toutes les nouvelles qu'il transmettait, et redouté pour sa curiosité et ses commérages !

Lavandières

Il n'y avait pas de machine à laver autrefois et manier les lourds draps de lin n'était pas une partie de plaisir. C'est pourquoi, le lavoir était l'équipement collectif de base de chaque quartier et de chaque hameau.

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(Fresque représentant des lavandières visible rond-point de la République)


A Locminé, plusieurs lavoirs publics fonctionnaient le long du Tarun et de ses petits affluents: à Pont Person, Pont Coët, Pont Mab Olivier, à la Pompe et au Pastis. Celui de Pont Mab Olivier (Mab= fils en breton), rue Alain Lesage, au pied du plan d'eau du Bois d'Amour, reçoit encore quelques lavandières, qui apprécient la souplesse du linge ainsi lavé et rincé "à grande eau".

Outre ces lavoirs publics, chaque maison riveraine du Tarun ou du Signan avait son lavoir privé.

Jusqu'au milieu du XXème siècle, chaque maison faisait appel à des lavandières de métier, surtout pour les "grandes lessives" saisonnières, effectuées 2 ou 3 fois par an. Le linge était brossé, décrassé au battoir, mis à tremper avec de la cendre de bois en guise de lessive, puis rincé à l'eau claire et séché au grand air, sur l'herbe ou sur la haie.

Le lavoir du Pont Coët

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Le lavoir du Pont Coët a été détruit dans les années 70 pour créer quelques places de parking.
A l'origine, il servait surtout aux lavandières de métier, qui pouvaient y laisser à demeure les grands bassins en fonte pour faire tremper le linge ; en revanche, elles apportaient sur leur brouette le bois pour le feu, nécessaire au chauffage de l'eau de lessive.

En 1950, il était encore utilisé quotidiennement par 8 à 10 lavandières.

 

Le lavoir du Pont Mab Olivier

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Le lavoir du Pont Mab Olivier est le seul existant encore aujourd'hui  (il a été rénové en 2008) ; à l'inverse de celui du Pont Coët, il était utilisé par les femmes du quartier, et non par les lavandières de métier.

Les journaux de l'époque rapportent un accident survenu le 6 juillet 1908 : un violent orage provoqua un glissement de terrain en amont, et le Signan se transforma en torrent de boue ; une lavandière fut enlevée par le courant et ne dut son salut qu'à l'aide de passants qui réussirent à l'en extraire avant complète asphyxie.

 

Autres métiers présents à Locminé


Chef-lieu de canton, ville de marchés, Locminé avait (et a toujours) une importante fonction commerciale et artisanale, capable de couvrir pratiquement tous les besoins de ses habitants et de la population rurale environnante.
C'est pourquoi, outre les métiers de l'habillement et des textiles, on trouvait à Locminé, dans les années 1950 :


• 2 bourreliers
• 1 charron
• 2 maréchaux-ferrants
• 2 réparateurs de cycles
• 1 réparateur de machines agricoles
• 1 vendeur réparateur de machines à coudre, qui gérait aussi un petit atelier de tricot
• 1 sculpteur sur bois (statues, objets décoratifs, mais aussi sculptures sur les meubles fabriqués par les menuisiers)
• plusieurs menuisiers et ateliers de mobilier
• 3 scieries dont 2 importantes routes de Bignan et route de Vannes
Evidemment il existait tous les métiers du bâtiment et de l'alimentation, mais ceux-ci subsistent toujours aujourd'hui, même s'ils ont profondément évolué.
• une dizaine de crêpières

 

Les places

Dans un village, la place est le lieu de rencontre. Rien d’étonnant que Locminé soit un village aussi dynamique puisqu’il en compte de nombreuses où se déroulent dès le 16ème siècle les foires et marché


. Rond-point de la République
. Place du Vieux marché
. Place du marché ou du champ de foire
. Place de la maillette
. Place Saint-Antoine
. Place Joseph Richard
. Place du 11 novembre
. Place des Martyrs de la Résistance


1 - Rond-point de la République

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D'abord appelé place Saint-Sauveur où se déroulait le marché aux grains puis place de la République et enfin le nom qu'elle porte aujourd'hui après élargissement de la rue.

 

2 - Place du Vieux Marché

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Ancien cimetière, puis jardin du presbytère avant de devenir le lieu du marché vers 1865. Elle portait alors le nom de place des tilleuls puis square de Gaulle en octobre 1944 alors qu'elle accueille le monument aux Morts.

3 - Place du marché, place Notre Dame ou champ de foire

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Elle accueillait le marché aux bestiaux jusqu'en 1966, date à laquelle il fut créé un foirail moderne, place de la Gare.

 

4 - Place de la Maillette

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A l'époque, la place la Maillette accueillait  le marché aux veaux

 

5 - Place Saint-Antoine

Il s'y déroulait le marché aux cochons. (Saint-Antoine, patron des éleveurs de porcs et des charcutiers).
Vers 1920, la transaction de 4 à 400 porcs n'était pas rare. Des maisons sont mêmes sacrifiées afin d'agrandir la place au milieu du 19ème siècle.

 

6 - Place Joseph Richard
Située rue de la Fontaine, elle était le lieu de la foire aux chevaux à partir de 1925. Elle se tenait 4 fois par an.

 

7 - Place des Martyrs de la Résistance

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 La place des Martyrs de la Résistance reçoit un superbe monument, principalement constitué d'un énorme menhir de 18 tonnes. Ce menhir est implanté devant l'école des filles. Il est entouré aux quatre angles du terrain où il est placé, par quatre mâts portant des drapeaux français. Ce monument est inauguré le dimanche 16 octobre 1966. Il a été dressé "à la gloire des résistants incarcérés et torturés en 1943-1944 dans l'école", toute proche.

8 - Place du 11 novembre

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